Chiang Mai, épisode 6 : manger dehors 🌶

Pourquoi on voyage ? Pour découvrir de nouvelles cultures, pour ouvrir les yeux sur d’autres façons de vivre, parce que c’est une bonne situation, ça… Non, mais sans blague. En vrai, comme l’un de nos fidèles lecteurs nous l’a fait remarquer :

il n’y en a presque que pour la bouffe

Ben oui, soyons honnêtes : voyager ça permet de bien manger. Et misère de misère, on remarque qu’on ne vous a jamais parler de la cuisine thaïe ! 😱

Comme on dit, mieux vaut tard que jamais.

 

Pas de baguettes pour les Thaïs

Ce qui nous a frappé en arrivant en Thaïlande est que tout se mange avec un combo fourchette-cuillère (chǒrn sôrm). Pas de baguettes pour les Thaïs qui mangeaient traditionnellement avec les mains. C’est Rama V, roi de Thaïlande entre le XIXe et le XXe siècle, qui aurait introduit la fourchette et la cuillère après un voyage en Europe.

Comment bien manger avec des chǒrn sôrm en Thaïlande ?

Tenir la fourchette de la main gauche et la cuillère de la main droite. À l’aide de la fourchette, pousser la nourriture dans la cuillère qui est ensuite amenée à la bouche. Déguster.

Après plusieurs mois de fourchette-cuillère, devinez quels sont les services dont on se saisit par réflexe lorsqu’on nous sert une lasagne, une salade ou plus ou moins n’importe quoi ? (Réponse : fourchette + cuillère)

 

La Thaïlande en quatre régions

En Suisse, on ne connaissait que le plat de nouilles sautées Pad Thai qu’on mangeait avec des baguettes (🙄). On a découvert que les types de plats diffèrent en fait énormément d’une région à l’autre.

Notre prof de thaï (Khruu MaPrang) nous a d’ailleurs expliqué que le pays peut être divisé en quatre régions grosso modo.

 

Les plats qui nous manqueront 😢

Du Nord 🌶

LE plat Lanna qui fait des ravages à Chiang Mai (et pour cause) s’appelle le Khao Soi. C’est une soupe de nouilles au lait de coco et pâte de chili, agrémentée de nouilles croustillantes, de cacahuètes, d’une viande (habituellement du poulet bien tendre) et de pleins de bonnes choses.

Khao Soi

On a eu la chance d’habiter à 200 mètres du meilleur Khao Soi de la ville (Khao Soi Mae Sai) où on dévorait leur plat délicieusement piquant au moins une fois par semaine.

 

Du Nord-Est 🌶🌶🌶

Les restaurants Isaan courent les rues à Chiang Mai. Il y en a tellement qu’on a longtemps cru que la ville était considérée Isaan avant d’être détrompés par Khruu MaPrang.

La base des plats de cette région est le riz gluant (khâo niǎo). On peut le manger avec des plats salés comme le sôm tam (salade de papaye) ou le larb (salade d’herbes et de viande hachée), ou des plats sucrés comme le khâo niǎo ma-mûang (riz gluant au lait de coco et à la mangue, miam).

Sôm tam

Larb

Malgré nous, on est tombés amoureux de cette cuisine hors du commun (et très piquante). Ça pique d’ailleurs tellement que notre table ressemble généralement à ça à la fin d’un repas :

Notre restaurant Isaan coup de cœur est Jak-ka-phan, qui est tout aussi populaire auprès des expats que des Thaïs.

 

Du Centre

Les plats du Centre sont ceux qu’on retrouve le plus facilement en Europe. Pour des farang fraîchement arrivés en Thaïlande, c’était à ce type de cuisine qu’on s’attendait.

Entre le pad thai national (nouilles sautées au tamarin), le tom kha (soupe au lait de coco et feuilles de keffir) et les divers currys, on se régale facilement à Bangkok.

Tom Kha cuisiné par Robin

À Chiang Mai, on a adoré manger au restaurant végétarien Pun Pun (ça se prononce Panne Panne ⛽) qui ont des currys à tomber.

Curry à Pun Pun

Bien trop tard dans notre séjour, on a aussi découvert la fondue thaïe (ou hotpot) qui est très différentes des autres fondues asiatiques. On recommande celle au tom yam qui est acide et incroyablement parfumée.

 

Du Sud 🌶🌶🌶🌶🌶

On n’a pas beaucoup mangé sudiste, étant plus ou moins à l’opposé du pays. Ce qu’on en retient : c’est très très très très très piquant.

Porc haché (très) pimenté

On aime beaucoup leurs currys massaman et phanaeng influencés par les parfums et épices d’Indonésie et de Malaisie. En plus, ils se mangent avec des rotis (pain plat), ce qui les rend encore meilleurs.

 

Le bonus international 🍔🍕🍣🍦

On l’avoue, on n’a pas que mangé thaï à Chiang Mai. On peut très facilement se régaler de plats de (presque) partout dans le monde pour des prix imbattables. À commencer par les restaurants japonais.

 

Okonomiyaki à Hinode

Pour une raison qu’on ignore, il y a une communauté japonaise très importante en Thaïlande. Dès nos premiers jours dans la ville, on est d’ailleurs tombés sur le QG japonais du quartier.

Hinode est un tout petit restaurant familial où c’est le grand-papa qui est aux fourneaux. Il est ultra-popuaire auprès des vieux expats Japonais qui se retrouvent autour d’un okonomiyaki (pancake de riz et plein de bonnes choses), de gyozas (des raviolis) et de bières Chang (avec glaçons en Thaïlande !).

On est souvent les seuls non-Japonais de la boutique et on se demande bien pourquoi.

Okonomiyaki

Le grand-papa

 

Burgers à Arno / Goodsouls

Le meilleur burger traditionnel de la ville ? Sans hésiter, on choisit Arno. Faisant également office de boucher (de luxe), leurs cuisiniers doivent être les seuls de la ville à savoir préparer un steak de bœuf saignant comme on les aime.

Dans une optique pas tout à fait carnivore mais tout à fait « burgers super bons Â», on recommande Goodsouls, le paradis des végétaliens. Bien qu’ils aient un menu avec tout un tas de choix, Clara n’a jamais réussi à commander autre chose que leur burger aux champignons (« parce qu’il est juste trop bon Â»).

 

Pizzas à Adirak

En retrait du centre-ville, Adirak se trouvait à trois-quart d’heure de vélo de chez nous (très loin à l’échelle de Chiang Mai). Sous le soleil cuisant, c’était toujours une aventure pour y arriver, mais jamais une déception (sauf quand on fait le déplacement le mercredi, leur seul jour de fermeture de la semaine 😭).

En tout cas, l’équipe Eau de Poisson au complet est unanime, leurs pizzas valent largement les litres de transpiration perdus sur le chemin.

 

Le Birman

Florian pourra en témoigner, la nourriture birmane est super underrated.

À Chiang Mai, il y a un petit resto tenu par des expats (réfugiés ?) birmans où on retrouve les saveurs de notre voyage au Myanmar.

Voilà ce qu’on y commandait systématiquement :

En bas, riz shan aux tomates ; en haut, curry d’aubergines ; à droite, salade aux feuilles de thé

 

Oui, on sait exactement ce que vous vous demandez.

Après avoir tant goûté, humé, bu et parlé de nourriture, à quel plat est-ce que Robin et Clara décernent-ils finalement le titre de « Plat le plus bon du monde Â» ?

Après de longues délibérations du panel d’experts, le titre de « Plat le plus bon du monde Â» est décerné à… (roulement de tambour)… la fondue suisse 🎉

Bon appétit ❤

7 réponses
  1. Avatar
    Greg dit :

    Ah, la fondue suisse… On me souffle dans l’oreillette que cela pourrait bien être votre premier repas en terres genevoises 🙂

    Sinon, il y a une thèse à écrire avec pour sujet: «Pourquoi le centre, encadré de régions où l’on mange très épicé (voire très très très très très épicé), propose-t-il une nourriture non pimentée?» Merci d’inclure les références au format APA6th (Florian vous donnera un cours).

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    • Robin
      Robin dit :

      Voici ma thèse :

      On mange traditionnellement très pimenté dans les montagnes (Nord et Isaan), et moins dans le centre. La nourriture du sud est influencée par la cuisine de Malaisie et d’Indonésie, donc les goûts sont assez différents et… oui, pimentés (Robin, 2018).

      Mais aujourd’hui, on mange un peu de tout partout (sauf la nourriture du Sud, difficile à trouver ailleurs), donc au fond ça dépend des plats 🙂

      Bibliographie
      Métral, R. (2018). Ma vie, mon œuvre. Genève, Éditions Métral.

  2. Avatar
    Souad dit :

    J’espère qu’une fois que vous serez gavé de fromages (dites que ça vous arrivera, dites ouiiiiiiii), vous serez d’accord de nous faire tester vos découvertes culinaires, ça a l’air trop trop bon! Ok, on n’aura pas le vieux marchand de légumes, le grand-papa qui mitonne ses plats, les feuilles aussi diverses et variées, mais on adaptera 😉

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  3. Avatar
    Scott E dit :

    I was in Chiang Mai in the late 90’s, and it was fantastic. Thanks for sharing. I’m also testing staticman, and I notice our site uses it. We’ll see if I get a heroku error. Thanks again!

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    • Robin
      Robin dit :

      Chiang Mai in the 90’s must have been amazing! You’ll probably find it’s changed a lot if you visit again these days, but it still is a fantastic city. I miss it!
      Good luck with Staticman (this instance of the blog doesn’t use it yet, although it might soon)

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