Ça y est. On part de Berlin dans deux semaines. On était arrivés il y a près de quatre ans jour pour jour: c'était le 26 janvier 2019. Autrement dit, Berlin est la ville (choisie) où on aura vécu le plus longtemps jusqu'à présent.

À la base, on avait planifié de bien profiter de ce mois de janvier pour faire plein de choses qu'on n'avait pas eu le temps de faire. En réalité, le stress des derniers préparatifs nous monte à la tête et c'est difficile de sortir de sa bulle.

Finalement, il n'y a rien de mauvais à rester dans sa bulle. On maintient nos routines : la grimpe, les pâtisseries après la grimpe, passer à notre café préféré, voir des amis, boire un verre au bar à vin du coin et discuter avec le propriétaire. Tout se poursuit comme si rien n'allait jamais changer.

Et pourtant. Il y a des signes qui ne trompent pas. Une étagère qui se vide, un carton qui se remplit de livres, des ventes de meubles par-ci par-là, des listes de choses à faire à n'en pas finir.

On nous demande souvent comment on se sent par rapport à ce déménagement. Bien sûr, il y a une certaine dose d'anxiété dans l'équation.

Est-ce qu'on aimera vivre à la campagne ? Et si on ne se fait pas d'amis ? Ça va faire quoi de devoir cuisiner tous les repas ? Qu'est-ce qu'on fera de notre temps libre ?

Mais comme avec n'importe quel changement de cette envergure, il est impossible d'imaginer le futur de façon réaliste. Tout va changer autour de nous, et nous avec. Le mieux à faire est sûrement de garder en tête ce qui nous pousse à aller dans cette direction.

Vivre à plus petite échelle, plus près de la nature, plus créer, construire et réparer, faire pousser des choses, cuisiner et préserver ces choses, brasser de la bière, avoir un labo photo, consommer local, créer des liens avec une région et sa communauté, voir les étoiles, ralentir.

Un nouveau départ. On se retrouve de l'autre côté !

— clara & robin